Des collégiens de Corbeil-Essonnes construisent un vrai avion — le JPM 06, biplace en bois, conçu par Jean-Pierre Marie
Du contreplaqué brut à un biplace capable de 230 km/h — l'aventure Drakkar
Le CIAJ a acquis les plans et une licence de construction du JPM 06 "Drakkar", conçu par Jean-Pierre Marie — l'un des concepteurs les plus prolifiques de l'aviation légère française, avec plus de cinquante ans de dessins et des dizaines d'appareils volant aux quatre coins du pays.
Première étape pour les collégiens : s'approprier les plans, comprendre les cotes, les formes, la logique de l'ensemble. Pas de simulation, pas de maquette — de vrais plans d'avion, à l'échelle réelle.
Dans l'atelier de production industrielle du collège Léopold Sédar Senghor, les élèves passent aux travaux pratiques sous la conduite de Jean-Louis Millan, la cheville ouvrière du projet, et de Bruno Bessalam, professeur de production industrielle.
Les nervures de l'aile sont découpées une à une dans du contreplaqué et du Styrofoam haute résistance, suivant les gabarits issus des plans JPM. Précision, patience et rigueur — les qualités d'un bon constructeur.
En combinaison bleue, protections aux yeux — les collégiens travaillent comme de vrais techniciens. Chaque pièce est poncée, ajustée, vérifiée avant d'être intégrée à l'ensemble.
Le Drakkar est un avion en bois, ce qui le rend à la fois accessible à construire et d'une grande élégance. Les nervures, les lisses, le revêtement : tout sort des mains de ces jeunes de 14 à 16 ans.
Le Drakkar reçoit une aile trapézoïdale au profil NASA MS(1)-0313 — le même que celui du célèbre "Pulsar" américain. Grâce à sa forme, le longeron central est particulièrement robuste à l'emplanture, ce qui permet un gain de poids non négligeable.
Ici, les collégiens posent fièrement devant la voilure dont ils ont assemblé les nervures. En arrière-plan, le fuselage avance lui aussi. Le chantier prend de l'ampleur, l'avion commence à ressembler à quelque chose.
Le fuselage aux lignes élancées — l'une des signatures de Jean-Pierre Marie — prend forme sur son gabarit de construction. La coque en contreplaqué révèle progressivement la silhouette du biplace.
Jean-Louis Millan, qui ne compte pas ses heures sur le chantier, s'installe dans le cockpit encore nu. Un moment qui donne le sourire — et confirme que l'avion sera bien habitable !
Le fuselage est désormais bien avancé, les nervures d'aile sont taillées, le longeron est en place. Le Drakkar commence à ressembler à un avion.
Le chantier se poursuit, session après session, dans l'atelier du collège. Chaque semaine, de nouvelles mains s'y posent, de nouvelles générations de collégiens découvrent qu'on peut construire un vrai avion — et qu'un jour, il volera.
Roland était là dès les premières heures du chantier, transmettant son savoir-faire et sa passion aux collégiens avec la même patience et la même bienveillance. Cofondateur du CIAJ, il nous a quittés avant de voir le Drakkar voler. Ce projet lui doit beaucoup — et lui restera dédié.
Le Drakkar avance grâce aux bénévoles et aux partenaires. Rejoignez l'aventure.